
Renouant avec un thème qu’elle avait déjà abordé dans le clip de « Sans Logique », Mylène va offrir une nouvelle allégorie à notre société, en l’assimilant à un camp de concentration dans lequel les prisonniers se voient voués aux travaux forcés (portant leur sac comme Jésus portait sa croix) sous les injonctions des geôliers haïs mais redoutés.
Le système féodal, soi-disant révolu, est mis en exergue. Les ouvriers sont destinés à l’asservissement à vie, en échange de quoi, ils sont protégés et nourris (tout est dans la définition de ces deux derniers termes...).
Mylène est menée de force dans ce camp par une gardienne plus masculine que féminine et est jetée nonchalamment sur le sol froid du camp duquel on ne s’échappe pas.
Les autres prisonniers s’approchent doucement et lui jettent des pierres; ce qui n’est pas sans rappeler le rituel de lapidation destiné au Bouc Émissaire originel; cette tentative de déculpabilisation par la désignation et la mise à mort symbolique d’un responsable du malheur des hommes.
C’est un petit enfant qui deviendra son ami.
Face aux conditions inhumaines du camp, Mylène (la nouvelle venue, armée encore de son esprit critique qui résiste à l’acceptation passive de la situation) fait face à l’autorité et soulève une mutinerie au sein de la communauté carcérale.
La révolte a pour but de tout détruire, renverser le pouvoir en place, vécu comme dictatorial, au nom des idéaux qui sommeillaient depuis des années.
Le personnage handicapé, considéré comme bête de cirque, est également libéré : Tous les Hommes sont Égaux!
Les anciens privilégiés du système, s’ils ne sont pas tués de sang froid au nom de l’espoir retrouvé, sombrent dans une incompréhension qui frôle la folie.
Le camp de la mort ravagé, les mutins, encore emprunts de cette liesse débordante, gagnent la plaine que les hauts murs, qui se dressaient encore le matin, cachaient.
Malheureusement, leur joie n’est qu’éphémère...
Plantés, là, dans la Toundra glacée, les hommes libres se retrouvent devant le vide angoissant de ce nouvel état qu’ils n’avaient jamais connu auparavant.
Le nouveau monde qui les accueille se définit par son vide, le vide duquel tout peut émerger, mais comment...?
Qui est vraiment prêt à faire face à la vraie liberté ? Celle qui est peut-être la plus contraignante, la plus effrayante.
A nouveau, la révolte mène à un désespoir profond, insondable (cf. « Sans Logique »).
Cependant, au lieu de s’effondrer, sous le joug de la fatalité omnipotente, les mutins marchent, se dispersent, comme des graines, porteurs d’un espoir encore présent dans leur coeur.
A nouveau, les dernières secondes du clip sont porteuses de sa vraie signification; ce que les chaînes de télévision ne semblent cependant pas avoir remarqué. Je ne compte plus les fois où les clips de Mylène Farmer sont honteusement coupés pour impératifs horaires, je suppose.
Je souris en relisant ma phrase car elle fait un lien très intéressant entre le film qui nous intéresse en ce moment et un autre que j’aborderai tout à l’heure : « Je t’aime Mélancolie ».
Mais une chose en son temps... :-)
Allan et Plus Grandir (LIVE)
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