
Le film le plus cher de l’histoire du clip français, « Pourvu qu’elles soient douces » reprend le thème traditionnel des hommes qui se damnent au sexe au mépris de la guerre.
Mylène y aura l’occasion de venger ses amours défuntes en trucidant la Rivale et de provoquer la fascination d’un jeune tambour, fraîchement initié aux plaisirs charnels (on le comprend). Mylène poursuit ainsi son destin venant y greffer celui d’un jeune garçon qui lui devra la découverte des plaisirs vitaux comme celui de la mort à laquelle elle est finalement assimilée. Cette confusion des deux personnages pourrait-elle mener à la croyance que le néant est parfois plus salvateur que la vie elle-même? Il s’agissait tout simplement d’un choix à effectuer, le jeune soldat se trouvait sur un fil, entre la mort corporelle et la mort de son état infantile: il prit parti pour la décision maturative.
Cette assimilation ne sera qu’une variation de l’un des nombreux thèmes chers à Mylène: ce clip regorge de sujets sur lesquelles elle aime à s’attarder
quitte à faire perdre la tête aux néophytes. L’introduction ne reflète-t-elle pas en effet l’ambigüité qui s’est faite sienne depuis ses debuts : l’identité sexuelle indéfinissable, l’entre-deux-eaux. La vérité sera celle avancée par un enfant et ne tardera pas à intéresser un capitaine, haut de son statut, tant dans ses relations guerrières que sentimentales : Mylène découvrira avec lui sa faculté à pouvoir aimer à nouveau mais son sentiment restera longtemps sous-jacent, ne l’exprimant qu’avec la violence qui la particularise. On les voit donc tous deux emportés dans une espèce de relation sado-masochiste où il ne semble faire aucun doute sur la personnalité du dominant. Cependant, après quelques affres physiques et sanglantes, la domination s’évanouira au profit d’une union charnelle, où les armes seront enfin égales.
Hélas, le repis ne sera que de courte durée : à peine découvert, l’amour sera avorté...La guerre reprennant le dessus et la vie des hommes qui l’avaient niée pour une incartade noctune hédoniste.