
Après sa troisième tournée, Mylène Farmer ouvre un nouveau chapitre de son œuvre artistique en rendant hommage aux mots. C'est sous la forme d'une compilation de tous ses précédents succès qu'elle prépare la fin de l'année 2001.
La première chanson de son retour et son premier clip s'accompagne du retour de Laurent Boutonnat à la mise en images. Ce retour était pour le moins attendu par les fans qui n'ont jamais pu concevoir que la dyade Farmer-Boutonnat puisse s'éteindre définitivement.
Ironiquement, le clip aborde la question du couple puisque Mylène est rejointe par le chanteur Seal précédemment connu dans le monde de la pop/dance (" Killer ", " Kissed by a rose ", etc.).
Les deux protagonistes sont ainsi placés sur un radeau perdu en pleine mer, radeau faisant immanquablement penser au tableau de Géricault : " le radeau de la Méduse ".
L'histoire est donc celle d'une errance, celle de deux personnes livrées à elles-mêmes comme on peut être livré en pâture à l'autre. Dans ce clip, il est relativement clair que nous allons être confrontés à la question du couple, question pour le moins pénible et infernale pour notre chère Mylène que nous commençons quand même à connaître un petit peu au fil de ses clips.
La chanteuse et Seal se retrouvent donc prisonniers sur ce radeau peu stable à la destination incertaine. Tout un enfer existentiel que Sarte n'aurait pas renier pour un sous !
Ces deux êtres sont ensembles mais distants. Familiers mais inconnus. Amoureux et indifférents. Amis et ennemis.
Les images de Laurent Boutonnat illustrent à merveille les contradictions qui animent les deux personnages et leur impossibilité à se position face au désir de l'autre. Les moments de rapprochement se soldent immanquablement par des moments de rejets.
Il est indéniable que le personnage central est Mylène Farmer que l'on retrouve seule sur la radeau alors que son partenaire devrait y être. On croit ainsi comprendre le besoin de la chanteuse de se couper du monde, des autres, d'échapper à l'emprise éventuelle des relations humaines. Mylène semble évoquer ici sa difficulté à composer avec l'autre, sa crainte d'être aliénée par celui-ci, somme toute des thèmes qu'elle a déjà abordés auparavant.
Or, on ne peut s'empêcher de penser que ces thèmes prennent une importance toute particulière au sein de ce clip puisqu'on n'a de cesse de se rappeler que son compagnon de la première heure revient au devant de la scène.
Sans même le vouloir, nous nous disons qu'il ne peut qu'être question de leur relation à eux. En effet, n'avons pas déjà compris combien cette relation était bâtie sur des bases quasi passionnelles se nourrissant d'ambivalence et de paradoxes ?
Autant serons-nous autorisés à jamais à nous interroger sur le type de relation qui unit Boutonnat à Farmer, autant éprouvons-nous du mal à répondre à cette question pour les deux protagonistes du clip.
Dans ce dernier, l'insoutenable lourdeur de l'autre amène l'héroïne à abandonner son partenaire à son propre sort, à laisser la tempête tout emporter. Lorsque les éléments se déchaînent, la rupture d'avec l'autre est proche. L'histoire du clip nous fait part d'un choix, celui d'un univers au détriment de l'autre. Ainsi se retrouvent-elle dans un décor désolé, en proie au froid (un poncif boutonnesque) et au courants marins, soufflant elle-même la seule lumière d'espoir en la chaleur et en la vie.
Ce clip résonne en nous comme un retour à cet univers que Mylène avait délaissé au moment de sa promenade californienne, celui qui avait vu naître le personnage de ses débuts, le personnage qui ébranla tellement les personnes qui se tournèrent vers son œuvre.
Optimistique-moi
C'est une belle journée
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