
Premier clip d’une chanteuse qui ne fait pas encore beaucoup parler d’elle, « Maman a tort » jette une pierre dans le milieu médiatique. Il y subira d'ailleurs une sévère censure, notamment dans les émissions pour enfants.
En effet, la chanson, aux allures de comptine enfantine s’avérait, après écoute un tant soit peu plus attentive, contenir des propos susceptibles de choquer l’opinion publique.
Le clip qui devait illustrer la chanson se devait d’être dans la continuité de cette perversité détournée... Ce fut le cas!
Les premières images ouvrent le clip par une référence à Sigmund Freud, signifiant au spectateur qu’il pénètre dans un monde de fantasmes profonds et interdits.
Mylène, encore brunette à cette époque, apparaît dans une robe plus que légère et diaphane. Elle est entourée de jeunes enfants, qui participent à ses jeux puérils et scandent à sa suite le slogan provocateur de « Maman a tort », comme une protestation, une nique à celle qui brille d’habitude par son omnipotence.
Autour de cette révolte dérangeante, gravitent des sentiments qui le sont tout autant : la transgression de l’interdit, l’amour pour une infirmière, la tristesse indicible qui accompagne la nuit,...
Entre plusieurs interprétations, on ne peut que choisir entre une plus « indécente » qu’une autre.
Mylène Farmer nous raconte la prise de conscience des sentiments affectifs à l’égard d’une infirmière qui lui chante des chansons et lui prodigue des soins perçus par l’innocente jeune fille comme une attention beaucoup plus sensuelle.
Ici apparaît donc la revanche de la fille sur sa mère qui perd toute autorité et puissance. La Mère, ainsi détrônée, est réduite à un état ridicule d’incompréhension et d’impuissance.
Outre cette prise de conscience choquante, Mylène va plus, loin : elle s’en vante!
Elle aime en parler, elle aime revendiquer ce qu’elle ressent, d’autant plus que cela lui est interdit!
Le clip est une succession d’images chocs dans lesquelles elle dévoile, au cours de pirouettes naïves, ses formes les plus intimes -soucis de montrer à tout le monde qu’elle ne se complaît pas à se cacher derrière des masques vestimentaires-, ou encore sa tête, détachée de son corps, présentée sur un plateau, comme si elle offrait son histoire en pâture aux personnes qui daignent l’écouter.
« Maman a tort » est un clip à part, celui qui ouvre la porte du monde de l’image à celle qui, peu après, allait le révolutionner.
D’un film (très) petit budget, Mylène va très vite découvrir que l’image peut devenir sa meilleure amie, et décide d’offrir à ses clips une importance plus que prépondérante...
A remarquer que déjà à l'époque elle avait des ambitions concernant ses clips.
Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'oeil à ce qui suit :
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