" Si elle n'a pas besoin de moi, je suis perdu. Car, si elle n'a pas besoin de moi, je n'ai pas besoin de moi-même. " (Luc Dietrich)

Introduction

Pourquoi certains auteurs sont-ils oubliés par le grand public ?
Voilà l'une des nombreuses questions que je me suis posées en commençant mes recherches pour ce dossier. S'il est vrai que j'ai moi-même découvert Luc Dietrich par le plus grand des hasards - au détour d'un article de Vogue, c'est dire s'il existe mieux en matière de découverte littéraire -, il n'en est pas moins vrai qu'il est fort peu probable de le découvrir par un autre moyen tant il est boudé par les revues spécialisées. Qui a entendu parler de la réédition de ses deux plus grands romans, de l'édition d'un recueil de ses poèmes et de celle d'un fragment de son roman le plus connu et le tout durant ces trois dernières années ? Personne, et c'est certainement à cause de cela que je me suis lancée dans cette recherche passionnante et difficile.

La principale qualité des œuvres de Luc Dietrich est qu'elles sont touchantes. On est pris d'une indescriptible tendresse pour cet homme-enfant qui exhibe sa face amère au détour de chaque mot, mot parfois maladroit qui inspire la pitié, et donne envie de venir à son secours. On ne sort pas indemne de la lecture de son œuvre que l'on peut qualifier d'émouvant témoignage sur la réalité saisie dans l'instant, sur les souffrances de l'enfance, sur les rêves, sur tout ce qui fait que l'on devient quelqu'un dans ce vaste univers. Dietrich, toujours en quête de lui-même, propose une confession candide et parfois cruelle : c'est un mélancolique à tout jamais inguérissable de son enfance. Il jette à plat sur le papier l'une des substances des plus difficiles à maîtriser : la sensation. Il est de ces auteurs qui écrivent avec leur sang, pressant leurs veines pour qu'il n'en reste plus une goutte et ainsi donner tout ce qu'ils peuvent au lecteur.
Luc Dietrich n'a jamais écrit pour avoir du succès. Il l'a fait comme on suit une psychothérapie. Il rédige ses plus grandes œuvres ainsi, en se délivrant de ses démons. Ecrivain torturé, il ne demandait que peu de chose à la vie : l'amour et l'amitié, entre autres, qui le rendaient heureux et surtout lui permettaient d'écrire ses plus beaux textes.

Guidé par les plus grands, Gurdjieff et Lanza del Vasto, il s'épanouira lentement au fil de sa courte vie jusqu'à être enfin révélé à lui-même grâce à L'Injuste Grandeur posthume en exhumant de leurs obscurs tombeaux, ses peurs et ses souffrances du passé.

Katia Bénard-Bouazza

" Je suis ce que je suis. Je le sais et j'en souffre mais d'une belle souffrance exaltante et purificatrice qui me lave de mes souillures et me donne une force inusitée et efficace. Je sais d'expérience que tout recommencera toujours, alors j'aurai toujours cette souffrance à vaincre en moi... " (Luc Dietrich)


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