Alfred Kubin est un peintre autrichien né en 1877 en Bohême du Nord et décédé d’une grave maladie de la vessie en 1959.
Je vais quelque peu délaisser les considérations historiques qui font l’objet d’une autre page afin d’entrer dans une sphère plus intemporelle... Plus éternelle...
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Au travers de l’ouvre de Kubin, c’est toute la souffrance de l’homme qui transparaît. |
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Dans un contre-pied à cette impuissance face à la Mère, Kubin met en scène des fantasmes de rébellion, de prise de pouvoir sur cet être premier dans une illusion mégalomaniaque.
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Les images présentées qu’on a souvent interprétées dans le sens d’une misogynie exacerbée rendent ainsi compte d’une réaction face à la dépression inhérente à la confrontation à un absolu qui vient menacer l’intégrité de l’individu. |
| imaginaire qui nous a porté, aussi bien dans une matrice physique, mais également psychique au sens d’une contenance première de notre pensée. Kubin nous présente donc, dans « l’Araignée » une Mère qui a une main mise sur le monde qui l’entoure dont la thématique principale semble être celle du trou, du Manque qui demande à être comblé, rempli. C’est une obsession de la pénétration qui est, ici, représenté. Une Mère qui exhibe le sexe creux qui la caractérise et qui semble demander réparation alors qu’autours d’elle, des pauvre humains s’adonnent à de maigres rituels substitutifs. L’Araignée, quant à elle attend l’élément qui viendrait combler son Manque fondamental; | ![]() |
![]() | ce qui consiste en un élément déterminant de cette pathologie que l’on appelle mélancolie. La mélancolie est une forme extrême de la dépression au sens d’un retour au néant primitif. Le mélancolique peut ainsi se laisser mourir par détachement du monde extérieur qui se retrouve totalement désinvesti. « le Suceur » (1905) illustre bien, selon moi, cette dimension très régressive que l’on peut déceler dans la mélancolie. Un retour au tout premier lieu de la vie, la matrice utérine dans laquelle Mère et enfant n'étaient pas encore deux personnes à proprement parler mais vivaient dans une symbiose parfaite... effrayante ! |
| Chez Kubin, j’ai été particulièrement touché par une image qui met en scène cette intériorisation d’un objet mort qui vient contaminer toute la dynamique de la personne, je pense au « Tombeau » (1900) où cet étrange personnage sombre vient offrir une jeune fille morte dans un tombeau à l’allure d’une tête humaine. Cette image me semble belle et opportune car elle symbolise, pour nous, combien les images externes sont « mangées » par notre psychisme afin de les intégrer (bien ou mal !) dans le monde interne des idées, des pensées... | ![]() |
Dans la psychose, on note très fréquemment un ensemble de préoccupations qui sont de type persécutif.
Ces préoccupations sont de l’ordre de mécanismes que l’on qualifie de paranoïaques ou alors de paranoïdes.
D’un point de vue psychodynamique, on explique cette crainte déraisonner vis-à-vis d’un élément extérieur (« mon voisin me veut du mal », « ma famille conspire contre moi », « nous sommes le fruit d’une machination du gouvernement qui nous envie nos biens ») par un mécanisme très archaïque qui est le rejet dans le monde extérieur du mauvais objet interne (qui est présent dans le psychisme avec le bon objet) afin de préserver seulement le bon objet à l’intérieur.
Les deux conséquences immédiates de ce double mécanisme :
1) l’individu est pur et innocent en même tant que surpuissant. Il a une haute estime de lui.
2) le monde extérieur est ce qui vient menacer ce statut et mettre en danger toute la personnalité de cet individu qui doit maîtriser le mauvais objet.
Pour ce faire, il doit répondre à deux contraintes telles que ce mauvais objet ne doit pas s’approcher trop près de lui et telles qu’il n’aille pas suffisamment loin pour qu’on sache plus où il est (« Si je ne le vois plus, c’est qu’il est peut-être derrière moi ! »).
![]() | Dans l’oeuvre de Kubin, il nous est aisé de trouver des dessins pour illustrer nos présents propos. Le plus évident est, tout logiquement, « Le Persécuté » (1902/03) qui nous présente une vieille personne qui est la victime malheureuse d’un essaim de moustiques démesurément grands qui le menacent de leur « trompe immonde » (cf. « L’Horloge » de Ch. Baudelaire). On devine une peur indicible chez la vieille personne en proie aux attaques répétées de ces insectes géants. Il ne semble n’y avoir aucune issue, aucun espoir d’échapper à la soif de ces monstres alors que, déjà à bout de forces, la pauvre victime |
Tout ceci fait partie de modes d’appréhension particuliers de la vie, de manière de concevoir la réalité extérieur par l’introduction de mécanismes qui appartiennent bien à un fonctionnement interne et qui est le résultat des expériences très précoces du début de la vie. Il est clair que vous et moi pouvons « ressentir » toutes les craintes, les bien-être, les angoisses dont il vient d’être question sur cette page, et cela n'implique nullement que nous fonctionnons sur un mode exclusivement psychotique. Nous répondons de temps à autres à des sollicitations de type très archaïque, mais nous disposons d’autres ressources qui nous aident à dépasser les angoisses précoces et à investir des sphères plus complexes et évoluées du fonctionnement mental. Le but de cette page était de nous familiariser quelque peu à une logique qui nous semble lointaine parce qu’elle fut supplantée, en son temps, par une seconde (et même une troisième) plus adéquate mais toujours présente au plus profond de nous même. C’est cette « part de folie » que je voulais souligner en chacun de nous afin de percevoir le « fou » comme une personne moins étrangère de nous qu’on ne pourrait le croire...
| J'espère avoir quelque peu réussi dans ma tentative afin de pénétrer dans un monde qui ne nous dépaysera plus, qui est celui de Mylène Farmer et qui nous mènera, également, aux limites de la folie en passant par des chemins de campagne parfois bien plus évolués... Si, d'orse et déjà, des questions ou des commentaires vous hantent, n'hésitez pas à m'en faire part. | ![]() |
